Supervenus – F. Doazan: More powerful than words

      Parfois, il est des images qui parlent plus que des mots. Dans notre société moderne, qui est bien plus souvent victime de l’image que véritablement grandie par elle, il est rare de tomber sur des pépites qui soient plus éloquentes que les mots.

     En effet, de l’image il en est avant tout question dans ce petit film d’animation qui, presque comme une mise en abîme, dénonce avec une force impressionnante l’image de la femme véhiculée dans les médias aujourd’hui.  “A quoi ressemble la femme lambda”? se demande le réalisateur. Plus à grand chose si l’on en croit ce subtil court métrage.

        Le film commence de façon assez banale: une paire de mains gantées s’empare du corps féminin pour des transformations communes (épilation, maquillage). Mais très vite les coups de scalpel s’enchaînent, les transformations physiques vont crescendo jusqu’à complètement dénaturer le corps.

      Mais là où le court métrage est grandiose à mon sens et remplit doublement son objectif, c’est par les thèmes sociétaux touchant au corps de la femme qui sont abordés: ainsi, le réalisateur ne manque pas de critiquer subtilement le renforcement des stéréotypes lorsque le chirurgien injecte du rose dans le cerveau féminin. De même, l’extraction d’un fœtus au milieu de l’intervention, passage fort de ce court métrage, invite à plusieurs interprétations intéressantes: il dénonce tout à la fois l’exigence de la beauté au point que la grossesse soit interrompue, les régimes rapides et drastiques que s’infligent de plus en plus de femmes après l’accouchement (on en veut pour preuve les innombrables stars qui fondent comme neige au soleil quelques semaines à peine après avoir accouché sous peine de se voir vilipendées dans la presse), ou le refus de nombreuses femmes d’accoucher par voie naturelle et préférer la césarienne afin de ne pas élargir les hanches. Mais c’est aussi une façon d’illustrer qu’une femme enceinte  est davantage considérée comme une “handicapée” de nos jours (d’un point de vue professionnel mais aussi physique au vu de la prise de poids que notre société combat comme la peste).

      Ce court métrage reflète très bien la culpabilisation permanente des femmes sur leur beauté et touche au cœur du problème des femmes modernes qui, certes ne se battent plus pour le droit de vote, l’avortement ou la contraception, mais ont toujours des combats importants à mener.

      Le message est clair. Très clair. Et c’est très bien.

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